21 octobre 2010
Fondée en 1889, l'entreprise FRENEHARD et MICHAUX met en place une nouvelle direction à la suite du départ à la retraite de Jacques FRENEHARD.
Leader historique de la fabrication des crochets de gouttières et des crochets d'ardoises, Frénéhard et Michaux est devenu depuis 10 ans un spécialiste de la protection anti-chutes. L'entreprise developpe depuis 2001 une filiale de services spécialisée dans l'évaluation des risques et la mise en œuvre de moyens pour les prévenir.
Elle a investi depuis 5 ans 15 millions d'euros, dont 4,5 en 2010 pour moderniser , développer son outil de production et diversifier ses activités.
Philippe Van Hoorne, quel a été votre parcours pour accéder à cette fonction de Directeur Général du groupe F et M ?
Apres des études supérieures en Ecole de Commerce, j'ai occupé diverses fonctions de la direction financière à la direction des ressources humaines et à la direction générale, tant dans des PME que dans des filiales de grands groupes internationaux, avec comme fil conducteur : toujours le secteur de l'industrie.
Entré en novembre 2001 chez Frénéhard & Michaux, comme directeur des ressources humaines et financier, cela fait près de 10 ans que je travaille aux côtes de Jacques FRENEHARD.
Après avoir été nommé à la direction générale de la filiale FMS RINGUE (Société spécialisée dans la location, montage / démontage d'échafaudages), le conseil d'administration me confie la direction générale du groupe, c'est une grande marque de confiance, avec comme objectif de continuer à développer le groupe.
L'entreprise conduit un important programme d'investissements, qui achève le transfert complet du site historique de l'usine à l'Aigle vers le parc d'activités de St Symphorien des Bruyères.
Quelle est votre stratégie en matière d'investissements immobiliers, pourquoi et comment avez-vous conduit le programme de St Symphorien ? Avez-vous bénéficié d'aides, comment évaluez-vous leur impact ?
Depuis 2008, seul le siège social de la société était resté sur le site historique de la Mousse à l'Aigle.
Mais aujourd'hui, le siège, bien qu'agrandi au fur et à mesure de la croissance de l'entreprise atteint ses limites.
Aussi, le programme de son transfert à St Symphorien dans des bâtiments neufs est-il aujourd'hui lancé. Il s'agit d'un investissement de plus de 3,5 millions d'euros qui permettra un regroupement complet de tous ceux qui travaillent dans l'entreprise, facilitant ainsi la communication et la cohésion des équipes.
Avec l'architecte, le cabinet "l'Atelier d'Orchampt",nous avons fait le choix d'un bâtiment à faible empreinte écologique et nous serons équipés d'une salle de visioconférence afin de limiter les déplacements en réunions.
Pour le projet de construction du siège social, nous avons obtenu une subvention du conseil Général de 175 000 €, liée à la création d'emplois. Nous sommes actuellement en discussion avec les pouvoirs publics pour essayer de vendre le site historique de l'entreprise situé à l'Aigle. Il est important de réussir cette opération dans les meilleures conditions financières afin de diminuer l'investissement du siège social. Pour compléter, nous obtiendrons des financements de nos partenaires bancaires.
Nous avons cependant besoin des pouvoirs publics pour créer les infrastructures indispensables sur le site de Saint Symphorien des Bruyères, à savoir l'implantation du tres haut débit ou de la fibre optique, moyens indispensables pour assurer le développement de l'entreprise.
L'entreprise développe depuis 10 ans de nouvelles activités, elle a été l'an dernier lauréate du concours de l'INPI pour l'innovation : quelle place donnez-vous à la R et D, recherchez-vous aussi des opportunités de croissance externe ?
Dans les années 20, nous avons considérablement élargi notre gamme destinée aux couvreurs. En 1954 nous avons créé notre propre unité de galvanisation puis en 1966 nous avons connu un essor national en créant et commercialisant un modèle de crochet de gouttière complètement innovant. Au fil des années suivantes nous avons combiné en permanence croissance externe et innovation jusqu'à nous lancer il y a 10 ans sur le secteur de la sécurité : échafaudages, et matériel de sécurité, allant jusqu'au conseil et au service.
Enfin , dernière évolution, l'achat en septembre 2010 des droits de la marque UNYC, spécialiste d'équipements de protection individuelle antichute, pour un investissement industriel et commercial de plus de 1 million d'euros.
C'est ainsi que grâce à une observation permanente des attentes des clients, en y répondant par la recherche et l'innovation et par l'élargissement de nos gammes, une entreprise familiale née au 19eme siècle se trouve à l'aise dans le 21eme siècle !
Vous dirigez donc une entreprise fondée il y a 120 ans, qui emploie aujourd'hui 250 personnes autour d'une "culture d'entreprise" fortement imprimée par vos prédécesseurs.
Et vous, quel manager êtes-vous ? Quelle place donnez-vous à la formation des jeunes, à la formation continue ?
Bien entendu, je vais poursuivre cette "culture d'entreprise" qui est une des valeurs fortes du groupe FRENEHARD & MICHAUX. L'entreprise possède d'énormes atouts : une forte capacité à développer des produits innovants, une structure de capital familial solide permettant de travailler sur le long terme, des femmes et des hommes attachés à leur entreprise, et un solide ancrage territorial.
Nous devons, à partir de cela, devenir plus conquérants pour assurer notre développement car toute entreprise qui n'atteint pas une taille critique a de fortes chances de mourir ou de se faire racheter.
Cependant, il faut assurer cette croissance en restant solide et en faisant ce que l'on sait faire. Pour réussir ce challenge, il faut des collaborateurs fidèles, motivés et très compétents.
Cela signifie que la formation continue doit être considérée comme un investissement et non une dépense. De plus l'entreprise devra savoir incorporer des jeunes de la génération qui ont un mode de fonctionnement complètement différent, ce qui entrainera certainement l'obligation de revoir les règles de management.
Quel regard portez-vous sur l'Orne et le bassin d'emploi de l'Aigle, leurs activités économiques, leurs perspectives d'avenir ? Avez-vous des attentes particulières auprès des pouvoirs publics locaux ?
L'Orne ne doit pas devenir un désert industriel et tout doit être fait par tous pour maintenir une production dans notre territoire. Notre région doit devenir plus attractive afin que nos entreprises puissent attirer les talents dont nous avons besoin, et cela se fera en aidant les entreprises locales à rester et à se développer.
Mais l'autre condition est aussi d'avoir la main d'œuvre locale qui pense « entreprise » et qui accepte les contraintes liées au travail. De beaux métiers existent dans nos régions mais nous devons le faire savoir. C'est la mission des entreprises en collaboration avec les partenaires institutionnels et professionnels en intégrant dans cette réflexion l'Education Nationale.
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