27 octobre 2009
| Après une série de chefs d'entreprise, coup de projecteur sur les cadres des entreprises de l'Orne, leur parcours, leurs envies, leurs satisfactions, alors que beaucoup d'entreprises disent peiner à recruter pour faire venir des cadres dans notre département, Orne développement entend donner la parole "à ceux qui l'ont fait" et battre en brèche un certain nombre d'idées reçues. |
Michelle LACOUR, vous avez 27 ans, êtes ingénieur et travaillez chez WagonAutomotive à Ste Gauburge.
Cette entreprise a connu des aléas au cours des derniers mois, elle est aujourd'hui reprise et part vers de nouvelles performances industrielles. Pouvez-vous nous décrire l'outil industriel aujourd'hui et ses perspectives ?
En effet, après une période de redressement, nous avons été repris depuis le 15 juillet 2009 par la SNOP, 1er emboutisseur français. Nous constituons, avec deux autres usines françaises, le pôle "profilage" du groupe où nos compétences, relativement rares, sont appréciées et reconnues.
Notre entreprise s'appelle désormais SNWM : Société nouvelle Wagon Manufacturing.
Nous fabriquons ici des glissières de portes latérales de véhicules utilitaires ou de voitures particulières et employons 150 personnes auxquelles s'ajoutent environ 40 intérimaires selon les périodes.
Vous-même êtes ingénieur : pouvez-vous nous décrire votre parcours et nous dire pourquoi ce poste vous a séduit ?
Après une licence de chimie, j'ai intégré l'école d'ingénieurs ITECH à Lyon, dont je suis sortie diplômée en 2006.
Il s'agit d'une école de chimie de formulation, et j'ai choisi l'option peintures, encres, adhésifs et cosmétiques.
En effet, je souhaitais travailler dans l'industrie, en unité de production car j'aime le mouvement, les challenges, l'ambiance de la fabrication industrielle et que je recherchais un rythme soutenu dans ma vie professionnelle.
Par ailleurs, cette école a été fondée par des industriels qui proposent aux élèves ingénieurs grâce à leurs réseaux, stages et opportunités de postes à la sortie.
Originaire de Vendée, je souhaitais revenir vers l'ouest de la France. Grâce justement aux réseaux, j'ai été informée de la recherche de Wagon Automotive : il s'agissait d'une création de poste accompagnant la création d'une ligne "peinture".
C'était donc quelque-chose de très motivant.
Ma rémunération de départ était un peu inférieure à celle de mes collègues intégrant de grands groupes, mais je les ai largement rattrapés depuis.
J'ai privilégié l'intérêt et les perspectives du poste, et j'ai eu raison.
Comment conduisez-vous vos missions de recherche et développement ?
Vous avez utilisé le dispositif CIFRE (conventions industrielles de Formation par la recherche qui perrmet l'accueil d'un doctorant en entreprise sur un projet de recherche) :est-ce un dispositif que vous recommanderiez à vos collègues industriels ?
Nous sommes ici sur des programmes de recherche applicative, le pôle innovation du groupe étant localisé au siège social.
Pour ma part, j'ai été recrutée d'abord pour m'occuper du laboratoire, puis d'une partie de la ligne de production, enfin depuis septembre 2008 pour toute la ligne, ce qui suppose de manager 3 équipes de 30 à 40 personnes.
Je suis assistée d'un technicien et d'une thésarde.
Cette collaboration est en effet très intéressante : l'accueil d'un étudiant en thèse permet à l'entreprise de bénéficier de ses compétences sur un projet très précis.
Pour ce qui nous concerne, Anne-Camille OZOUF a mis au point un protocole expérimental pour définir le caractère conforme des lots produits. Elle a aussi travaillé sur la question des rebuts et analysé les problèmes de défauts de la matière, avant la pose de la peinture, ce qui nous a permis d'améliorer notre performance.
Je suis directeur de thèse, ce qui me donne l'occasion d'échanger très régulièrement avec son laboratoire d'origine et ainsi de maintenir mon propre niveau de compétence.
Le coût de ce contrat équivaut au coût d'un opérateur, puisqu'il bénéficie des aides du dispositif CIFRE animé par l'ANRT (association nationale pour la recherche et la technologie) et pris en charge par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. www.anrt.asso.fr
Ste Gauburge, professionnellement et personnellement, comment le vivez-vous ?
Professionnellement, il s'agit d'une vraie opportunité.
En allant justement là où peu de personnes vont, on progresse plus vite, on accède plus vite à des responsabilités, pour peu qu'on en ait envie et qu'on montre ses compétences et sa personnalité.
C'est vrai qu'être jeune et fille n'était pas évident en arrivant ici, mais avec de la volonté et du savoir faire, aujourd'hui je pense avoir trouvé ma place et être reconnue.
C'est une très belle expérience, parce que justement on a bien voulu me faire confiance pour le poste, et qu'il est pour moi riche de perspectives multiples.
Sur le plan personnel, là encore, venir ici m'a donné de vraies chances : je ne voulais pas payer un loyer longtemps, j'ai pu être propriétaire à 26 ans en achetant une charmante maison de 60m2 dans le centre de l'Aigle.
Ce midi, à la pause déjeuner, j'ai pris l'air en forêt pour décompresser...
Voilà la vraie vie de ceux qui viennent dans l'Ouest, en Normandie, dans l'Orne : un réel intérêt professionnel, la possibilité d'accéder jeune à des responsabilités, être confronté à des défis, à des challenges professionnels, avoir un habitat très sympa et vivre dans un environnement exceptionnel.
Je ne peux qu'encourager les jeunes diplômés et les jeunes en général à venir voir.
Pour les en convaincre, je suggère que les entreprises de l'ouest se rapprochent davantage des écoles d'ingénieurs, qui sont pour beaucoup d'entre elles localisées en région parisienne et en région lyonnaise. On peut certainement mettre au point des projets en ce sens.
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