› 
Services aux entreprises ›

Stéphanie Conrad

  • Dans le secret de la salle d’affinage (© G. Houdou)
  • Les fromages sont fabriqués avec du lait de vaches normandes (© G. Houdou)
  • L’extension de l’atelier optimise l’espace de travail (© G. Houdou)
  • Des camemberts moulés à la louche dans la plus pure tradition (© Florent Catteau)

Les Fromages de Stéphanie
Des prairies percheronnes aux marchés parisiens

Décembre 2014

Ses yeux bleus pétillent de bonne humeur. Baignée dans l’univers professionnel de ses parents agriculteurs, Stéphanie Conrad se destinait à un avenir "presque" tout tracé.
Son choix s’est porté vers l’artisanat. Depuis 2009, cette jeune femme audacieuse commercialise des produits laitiers transformés dans son laboratoire. Rencontre.

Stéphanie Conrad, retour sur votre parcours ?

Stéphanie CONRADTitulaire d’un diplôme universitaire de technologie en agro-alimentaire, Stéphanie Conrad s’est ensuite orientée vers une spécialisation. "J’ai poursuivi ce parcours à l’Ecole nationale de l’industrie laitière, notamment pour compléter mon cursus universitaire dans le domaine de la fromagerie. Mes parents étaient agriculteurs et je baigne dans cet univers depuis toujours. J’ai ensuite travaillé dans des fromageries fermières du secteur en multi-produits, vaches, brebis et chèvres". Mais l’envie d’entreprendre à son propre compte s’affirme. "Une envie présente depuis longtemps !".

L’aventure débute en mars 2009. Stéphanie connaît déjà le marché, les secrets de fabrication, la commercialisation... Les perspectives se dessinent. "J’ai lancé une production de divers produits laitiers transformés : tome, yaourt nature et aux fruits, fromage blanc, crème fraîche, lait pasteurisé en bouteille, riz au lait et desserts au chocolat... des produits issus de l’agriculture biologique et de la production laitière de fermes toutes proches".

Un concours de circonstance

L’entreprise fonctionne et se développe. "Mon mari, lui aussi fromager, m’a rejoint en 2011, employé comme salarié". Chaque semaine, elle est présente sur des marchés parisiens, dans le VIe arrondissement boulevard Raspail, à la bibliothèque François Mitterrand dans le VIIIe et sur le boulevard Lefebvre dans le XVe, un véritable marathon. "Je suis aussi au Mêle-sur-Sarthe le mercredi".

Autour des fromages et des spécialités, d’autres produits trouvent leur place dans le camion réfrigéré de Stéphanie. "Je propose une quinzaine de produits d’agriculteurs du secteur : miel, volaille, fromages de chèvre et de brebis, œufs, produits cidricoles, confitures, beurre... que du fermier. Les marchés constituent la majorité de mon chiffre d’affaires, mais les produits sont également commercialisés dans des Amap du secteur, des boutiques bio, sur internet avec "La Ruche qui dit oui"...

J’ai également décroché l’approvisionnement des cantines du Ve arrondissement de Paris en fromage frais, riz au lait et yaourts, un gros challenge avec près de 3 000 repas quotidiens, mais une belle perspective pour l’entreprise !".

Agriculteur et producteur de camemberts au lait cru à Bretoncelles, Ludovic Lopez décide de céder sa société en 2014. L’idée d’une reprise germe rapidement dans la tête de Stéphanie Conrad. "Ludovic est un grand professionnel et me fournissait déjà en camemberts. J’ai décidé de reprendre cette activité et de l’employer pour la fabrication de camemberts au lait cru".

Du vrai camembert !

Ils sont peu nombreux dans l’Orne, trois précisément à produire un camembert d’exception AOP au lait cru, moulé comme il se doit à la louche. L’un est installé à Camembert, l’autre à Champsecret, la troisième au Champ Laudier de Saint-Léger-sur-Sarthe. Et quel fromage. Avec un minima sur la balance de 250 grammes, le camembert de Stéphanie frôle allègrement les 350 grammes... de bonheur.

Le lait utilisé provient uniquement de vaches normandes, nourries à l’herbe, au foin séché en grange pour l'hiver et qui n’ont jamais approché le moindre complément d'ensilage ! Pas moins de cinq louches, soit environ 2,5 litres de lait sont nécessaires pour concevoir le produit, affiné pendant près de cinq semaines avant d’occuper les étals ornais ou parisiens. "Nous transformons chaque année environ 110 000 litres de lait bio sur le premier atelier et 60 000 litres de lait cette année pour le camembert.

Depuis quelque temps, je propose également du camembert de 1 kg à la coupe, affiné entre 6 à 8 semaines".

Quelles sont vos perspectives ?

Stéphanie Conrad emploie six personnes, en temps plein et partiel. "Avec la reprise de l’activité de Ludovic Lopez, il devenait nécessaire d’envisager des travaux d’agrandissement. Grâce à des prêts à 0% attribués par Initiative Orne et le Conseil général de l'Orne, mais aussi avec le soutien de notre banque, j’ai développé la surface des ateliers.

Près de 90 m2 sont ainsi consacrés à la conception des camemberts et 30 m2 ont été adjoints à la fromagerie existante". Une superficie globale de 240 m2 sur l’ensemble des ateliers de fabrication, salles d'affinage, stockage et expédition "Nous fabriquons 600 camemberts par semaine, soit environ 30 000 unités cette année. Je me suis fixée un objectif de 70 000 camemberts dans les trois ans avec la création de deux emplois, partiels ou à plein temps".

Stéphanie Conrad souhaite aujourd’hui développer son offre commerciale auprès des grossistes et des collectivités. Et comme un hasard, l’étiquette des boîtes reprend quelques idées de la fromagerie Moulinet installée en son temps à la Haie de Poëlé. "Cette fromagerie était basée tout près d’ici et s’est arrêtée en 1966". Devinez, on y concevait... des camemberts !


Menu
Orne Développement, service de développement économique du département de l'Orne

Liens utiles

Copyright Adlec Conseil, création du site web et marqueur statistiques

© adlec.com