17 juillet 2009
Son expertise en matière de micro usinage et micro état de surface, de conception de sous ensembles mécaniques et d'usinage de matériaux techniques lui permet d'intervenir sur de nombreuses applications : connectique, capteurs électroniques, outils de contrôle, micro moules, micro gravures, équipement de machines outils et préhenseurs robotiques.
Serge PILLU, décrivez-nous rapidement le parcours personnel qui vous a conduit à fonder AR2P :
CAP de tourneur en poche, j'ai commencé à travailler à 17 ans chez Luchaire.
Puis pendant une quinzaine d'années, j'ai acquis des expériences diverses dans les entreprises industrielles du Bocage, notamment chez Monsieur Louise à la Sauvagère ou j'ai appris le métier de mouliste
En 1991, j'avais 31 ans, avec mes 2 frères nous décidons de créer notre propre entreprise : AR2P.
Quelles ont été les grandes étapes de la vie de votre entreprise depuis sa création ? Combien de personnes employez-vous aujourd'hui ?
Vous déployez des savoir-faire très pointus : comment gérez-vous les fonctions recherche et développement ?
Nous répondons à des appels d'offre sur des cahiers des charges précis.
Cependant, nous voulons avant tout que notre produit rende le service attendu par le client : lorsque nous sommes persuadés que le respect du cahier des charges ne le permettra pas, nous proposons une assistance technique pour optimiser et re-développer le programme.
Un exemple récent : sollicités, grâce à notre site internet, par le Centre Technique d'Etudes Spatiales à Toulouse, pour la réalisation d'une pièce très spécifique, nous avons pris l'initiative d'aller les voir pour redéfinir le projet.
Il s'agissait de construire le support d'une camera installée sur un robot lunaire !
Au bout d'une longue journée de travail et d'un dialogue très riche avec les ingénieurs, le projet a été modifié de façon substantielle, mais avec les meilleures chances de réussite du programme pour lequel il avait été conçu.
Dans un métier comme le nôtre, il faut se déplacer chez les clients, travailler avec leurs équipes, donner du temps, pour atteindre le niveau de qualité exigeant que nous leur assurons.
Vous appartenez au pôle de compétitivité "MOVEO", pour quelles raisons ?
Depuis quelques mois Olivier Rapeaud assure une mission commerciale au sein de l'entreprise.
C'est lui qui a bâti le site internet dont nous mesurons les premiers effets.
Il nous emmène aussi vers des opportunités nouvelles de réseaux, de portes qui s'ouvrent : c'est le cas avec notre adhésion au pôle de compétitivité "MOVEO".
C'est un excellent lieu de promotion de notre savoir-faire, de relations professionnelles porteuses pour l'avenir.
La crise touche aujourd'hui tous les secteurs, mais plus particulièrement l'industrie. Comment ressentez-vous les choses, et comment conduisez-vous en conséquence la stratégie de votre entreprise ?
Il s'agit d'une période très dure : le recul très important de notre chiffre d'affaire depuis novembre 2008 est dû au blocage de projets alors que nous avons l'assurance d'avoir les marchés.
Juillet semble voir ce repli s'arrêter, attendons la rentrée.
Cependant, il me semble qu'il faudrait actionner un dispositif financier de soutien pour des entreprises à potentiel, dotés de moyens de production récents, de savoir-faire très particuliers, afin de les aider à "tenir", car si elles devaient disparaître, ce serait un gâchis immense, non seulement pour leurs propriétaires, mais pour le tissu social et économique tout entier : des centaines d'heures de formation de salariés perdues, des "niches" d'activité qui assurent de l'emploi dans nos régions rurales disparaîtraient. J'attire vivement l'attention des pouvoirs publics sur cette question : les entreprises familiales ont épuisé leurs fonds propres, si la reprise se fait attendre encore, elles ne pourront faire face.
Quels sont vos projets à moyen et long terme ?
Sortir de la crise en restant prêts à redémarrer de façon optimale : savoir-faire, politique commerciale active, entretien du réseau client, en espérant qu'on voie l'issue très vite maintenant !
Vous êtes installés dans l'Orne et plus particulièrement dans le Bocage : y trouvez-vous l'environnement propre à la bonne marche de vos activités : personnel qualifié et outils de formation, voies de communication, liaisons haut débit, téléphonie mobile ?
Il y a de très belles entreprises dans l'Orne, une qualité de vie de haut niveau.
Nous sommes bien situés géographiquement, bien reliés à tout point de vue.
Sur la formations des jeunes cependant, je plaide pour un meilleur dialogue entre les entreprises et les structures de formation professionnelle : aujourd'hui des titulaires de BTS ne sont pas adaptables dans nos métiers, ils ont survolé beaucoup de choses et de connaissances, mais au fond ne savent rien de suffisant en technique, et sont beaucoup trop lents en réalisation.
Je préfère désormais recruter "des profils" et former entièrement le jeune.
Quel message enverriez-vous aux jeunes ornais qui cherchent une voie professionnelle ?
Je dirais aux jeunes de l'Orne : ayez confiance en vous, ne vous laissez pas démobiliser par les medias, et croyez dans les nombreuses entreprises de l'Orne, petites, moyennes ou plus grandes, qui innovent, qui cherchent, qui travaillent en réseau : vous y ferez de beaux parcours professionnels.
Et puis, si vous avez une idée, mettez-là en œuvre, créez votre entreprise !
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